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- Penser et transmettre l’héritage des soins ancestraux marocains à Bruxelles
Depuis plus de soixante ans, la Belgique accueille des immigré·e·s marocain·e·s dont les savoir-faire en matière de soins sont le fruit d’une tradition pluriséculaire. Héritée des maristans médiévaux, cette approche holistique conjugue phytothérapie, musicothérapie, aromathérapie et chromothérapie, et s’appuie sur des dimensions spirituelles et communautaires souvent méconnues. Comment ces pratiques ont-elles traversé le temps et les frontières ? Pourquoi continuent-elles de résonner aujourd’hui face aux défis sociaux et environnementaux ? Plongeons au cœur de cet héritage et découvrons comment, à Bruxelles, se tisse un nouveau lien entre passé et présent. Les maristans : des institutions de soin holistique Aux XIIᵉ et XIIIᵉ siècles, Fès, Salé et Marrakech abritaient des maristans : des hôpitaux-congrégations où médecine, spiritualité et humanité formaient un tout indissociable. On y pratiquait : Phytothérapie : remèdes à base de plantes et tisanes médicinales. Musicothérapie : rythmes et sonorités pour harmoniser l’esprit et le corps. Aromathérapie : huiles essentielles et encens pour purifier l’atmosphère. Chromothérapie : jeux de lumière et couleurs pour rétablir l’équilibre énergétique. Ces institutions agissaient non seulement sur le corps, mais aussi sur les relations humaines et leur lien aux forces non-humaines, incarnant une vision globale de la santé. Déclin puis résilience : le destin contrarié des savoirs populaires Avec la modernisation coloniale et l’avènement d’une médecine fondée sur l’expérimentation, les maristans ont décliné : en 1945, le dernier d’entre eux, à Sidi Frej (Fès), céda la place à un hôpital de psychiatrie moderne. Pourtant, loin de disparaître, ces savoirs ont survécu : Transmission orale au sein des communautés paysannes et populaires. Rituels collectifs : « ziarat » (pèlerinages aux mausolées), « lilats » (nuits rituelles) pour apaiser les esprits bienfaisants. Syncrétisme religieux : emprunts mutuels entre soufisme et kabbale, héritiers de la cohabitation judéo-musulmane andalouse; emprunts aux cultures et spiritualités subsahariennes. Ainsi, bien que marginalisés, les soins ancestraux marocains ont conservé leur efficacité, portée par la confiance (« niyya ») et la générosité partagée. Les deux fronts de la disqualification Aujourd’hui, ces pratiques peinent à trouver leur place face aux héritiers de deux modernités : Modernité islamique réformiste (wahhabisme) : qualifie ces rites de « chirk » (associationnisme), les jugent contraires à un monothéisme strict. Modernité occidentale scientifique : les réduit à des « superstitions » ou « archaïsmes », sans reconnaître la rationalité cachée ni les mécanismes d’action. Cette double censure conduit à un appauvrissement de notre palette thérapeutique et à la perte d’un lien précieux entre soin et dimension spirituelle. Un héritage vital dans un monde en crise Face aux bouleversements climatiques, à l’effondrement de la biodiversité et à l’individualisme exacerbé du capitalisme, l’Occident réalise aujourd’hui les limites de son modèle : Le mythe du Progrès n’a pas « sauvé » la planète ; il l’a fragilisée. Les réponses technologiques et médicales exclusivement biomédicales peinent à restaurer un équilibre viable. Or, les cultures non-modernes — en connexion avec le vivant, l’invisible, et articulées autour de collectifs de soin — offrent des antidotes puissants à l’isolement social et à la déconnexion écologique. Le « maroxellois » : un nouvel agencement bruxellois À Bruxelles, la rencontre entre les traditions marocaines et les cultures populaires locales (le « brusseleir ») engendre un « maroxellois » en constante évolution : Musique chaâbi et Gnawa : vecteurs de joie, de mémoire et de transmission intergénérationnelle. Réseautage des praticien·ne·s : création d’espaces inspirés des maristans, où infusion de plantes, chants et couleurs se mêlent aux rituels communautaires. Événements et ateliers visant à faire découvrir ces soins, à partager l’intention (« niyya ») et à reconstruire un sentiment d’appartenance et de solidarité. Cette hybridation nourrit un art de vivre festif, solidaire et respectueux du vivant, où chaque geste devient un soin pour soi et pour les autres. Conclusion : vers une autre fin d'un monde Plutôt que de nostalgie d’un passé figé ou d’un futur technocratique, l’héritage ancestral marocain nous invite à inventer « une autre fin du monde du monde » : joyeuse, dansante, connectée aux forces visibles et invisibles, et respectueuse de la toile du vivant. À Bruxelles comme ailleurs, faisons vivre ces cultures populaires, résistons aux injonctions des modernités qui nous désincarnent, et contribuons à créer des espaces de soin où l’humain et le non-humain se rencontrent en paix. Et si le prochain maristan se construisait ici, au cœur de nos quartiers, comme un laboratoire de résilience collective ?
- Penser, cultiver et transmettre l’héritage marocain en pratiques de soins
En 2024, dans le cadre de la commémoration des 60 ans des accords de main-d’œuvre entre la Belgique et le Maroc, l’asbl Agenc’MondeS a poursuivi son travail de recherche et de transmission autour des pratiques de soins issues de l’héritage marocain. Ce projet s’inscrit dans la continuité du travail amorcé en 2023 et prend la forme d’un ensemble de séminaires, formations et rencontres , ancrés dans les réalités multiculturelles de la Belgique actuelle. Il est soutenu par PCI (Promotion De La Citoyenneté Et L'Interculturalité - FWB) et mené en partenariat avec le service de santé mentale D'Ici et D'Ailleurs et son lieu de liens L'Atelier. Une suite à un projet engagé en 2023 En 2023, le projet « Accueillons les ancêtres pour nourrir les pratiques de soins » avait permis à sept étudiantes en baccalauréat assistant social d’enquêter sur les ressources de soin transmises par les générations précédentes dans leurs quartiers multiculturels. Six étudiantes avaient des origines marocaines, une était d’origine turque. Leurs récits mettaient en lumière une richesse de savoirs : soins corporels, rituels, invocations, usage de plantes ou d’objets « actifs »… autant de gestes hérités qui existent encore dans le quotidien. Ces témoignages, pris au sérieux dans une approche ethnopsychiatrique , ont permis d’identifier plusieurs traits communs : Une attention au collectif , à la communauté. La niyya , une intention confiante que le soin fera du bien. Des actes isomorphes avec le mal à soigner, comme pour "l'apprivoiser" (par exemple: casser un oeuf sur le ventre d'une femme aux règles douloureuses) L’usage de matières naturelles : plantes, encens, eau, aliments. Des contacts corporels : massages, soins manuels. Des invocations , liant le visible à l’invisible, le corps au Verbe. Un inventaire vivant des savoirs en Belgique En 2024, le nouveau projet a démarré par un inventaire des pratiques de soin héritées, à travers des entretiens avec praticiennes et praticiens. Il en ressort : Une culture du sensible : attention aux matières, aux sensations, à la relation. Des soins psychocorporels comme la réflexologie. Une générosité spontanée , souvent sous forme de repas partagés ( sadaqa ). Des ponts entre traditions juives et musulmanes : pèlerinages ( ziara ), talismans, pratiques spirituelles. Des rituels multisensoriels mêlant couleurs, odeurs, saveurs, musique, invocations… pour relier humains et non-humains (comme les forces de la nature et les djinns). Ces pratiques ont été discutées et approfondies lors de cinq séminaires ouverts à tous notamment des professionnels du soin dans le contexte migratoire. Cinq séminaires pour explorer l’héritage I. Les « terrestres poreux »: repenser notre humanité à travers les rituels marocains (9 octobre 2024) Inscrit dans un cycle d’ethnopsychiatrie, ce séminaire a mis en lumière l’opposition entre deux figures de l’humain : d’un côté, l’« humain terrestre », immergé dans le vivant, poreux et libre dans l'interdépendance ; de l’autre, le « sujet étanche » de la modernité, replié sur lui-même, et qui se croit autonome. La réflexion s’est appuyée principalement sur les travaux de Bruno Latour et de Tobie Nathan, qui soulignent tous deux le pouvoir transformateur des dispositifs de soins traditionnels. II. Prendre soin des collectifs, des âmes et des corps (28 novembre 2024) Ce séminaire a mis l’accent sur l’héritage féminin dans les pratiques de soin : usage des plantes, massages, réflexologie, musique... mais aussi solidarité active avec les personnes marginalisées (femmes et personnes âgées isolées, mères célibataires, personnes séropositives…). Ces gestes sont autant de formes de résistance, de soin et d’engagement communautaire. Khadija Ounchif III. Le don spontané (5 décembre 2024) Des femmes ont partagé des initiatives solidaires inspirées de rituels de dons : repas gratuits pendant le Covid, restaurants sans prix, envois de nourriture après des tremblements de terre… Ces gestes montrent que le soin passe aussi par le partage , la table, l’attention aux besoins immédiats des autres. IV. Soins juifs et musulmans au Maroc : le Verbe fait chair (12 décembre 2024) Ce séminaire a montré comment le judaïsme et l’islam marocains, tous deux traditions du Livre, ont influencé mutuellement leurs approches du soin : entre kabbale juive et soufisme musulman, entre texte sacré et gestes corporels, entre parole et matière. Une histoire longue, profonde, souvent oubliée, mais essentielle pour comprendre les pratiques d’aujourd’hui. Paul Dahan V. La fabrique de joie collective : la musique des terrestres humains et non-humains (19 décembre 2024) Dernier séminaire de l’année, il explorait le pouvoir de la musique comme soin : elle relie, elle apaise, elle réjouit. Dans certains rituels, elle accompagne les encens et les couleurs pour harmoniser les forces visibles et invisibles, notamment les djinns protecteurs ( mlouk ). Le séminaire s’est terminé par un concert-hommage au patrimoine marocain, porteur de mémoire et de transmission. Pistes frayées : Héritage ancien, futur vivant Ces pratiques remontent à une tradition ancienne : celle des maristans – les hôpitaux du monde islamique dès le XIIIe siècle. À Fès, par exemple, on soignait les maladies mentales avec de la musique, des parfums, de l’eau, et même les oiseaux blessés y étaient accueillis. Une médecine holistique, poétique et inclusive. Ce savoir, en partie effacé par les approches médicales modernes, continue à vivre dans les classes populaires au Maroc et les diasporas. Il circule dans les quartiers, dans les gestes du quotidien, dans les rituels discrets. Il témoigne d’une autre manière de soigner : plus collective, plus sensorielle, plus connectée au monde vivant – humain et non-humain. Maristan de Sidi Frej à Fez Et si Bruxelles avait son Maristan ? Ce projet esquisse une idée : celle d’un Maristan de Bruxelles , un réseau d'acteurs et de lieux connecté aux autres façons de soigner (médecine conventionnelle) et de prendre soin où les savoirs anciens et les pratiques contemporaines se rencontrent, où l’on soigne avec des mots, des musiques, des couleurs, de la chaleur humaine. Un espace pour penser, cultiver et transmettre un héritage vivant – pour aujourd’hui et pour demain.
- Les « terrestres poreux »: repenser notre humanité à travers les rituels marocains
Le 9 octobre 2024, à l’initiative du Dr Danièle Pierre, un séminaire d'ethnopsychiatrie intitulé « Les terrestres poreux, libres dans l’interdépendance » s'est tenu au SSM Chapelle-aux-Champs à Woluwe. Olivier Ralet, philosophe et fondateur d'Agenc'MondeS, a exposé une conception novatrice de l'humain issue de ses recherches sur les pratiques de soins traditionnelles marocaines. Cette rencontre, réunissant quinze professionnels de la santé mentale et de l’accueil des migrants, visait à interroger profondément les représentations modernes de l’humain. Une invitation à repenser l'humain Olivier Ralet, influencé par les pensées de Tobie Nathan et Bruno Latour, questionne la vision moderne de l’humain comme un sujet autonome et imperméable. Il nous invite à envisager l'humain comme une maison ouverte, traversée par une multitude de forces matérielles et immatérielles. Selon lui, cette vision alternative offre une compréhension plus riche et complète de la condition humaine. Immersion sensorielle : L'exemple des rituels marocains Un festival sensoriel Durant ses trente années de recherches participatives dans les villages de Sidi Ali et Bni Ouarad, près de Meknès, Olivier Ralet a documenté des rituels de transe et de possession remarquablement riches en sensations : fumée d’encens, parfums, sons variés, couleurs éclatantes, et matières diverses. Ces observations illustrent de manière vivante la perméabilité sensorielle des participants à leur environnement rituel. L’encens : bien plus qu’une simple fragrance Dans ces rituels, l'encens joue un rôle crucial, dépassant de loin son usage olfactif habituel. Lorsqu'une personne "tombe dans la danse" (en état de transe), la fumée d'encens est dirigée vers sa main ou la plante de ses pieds, pour favoriser son retour à la conscience. Cette pratique symbolise l’idée centrale de la porosité humaine : la capacité à être pénétré par des matières subtiles telles que sons, odeurs et couleurs, à travers toutes les ouvertures du corps. La porosité humaine : dès la vie intra-utérine Cette perméabilité commence dès le ventre maternel, où le fœtus est plongé dans un bain sensoriel permanent : liquide amniotique, goûts, vibrations sonores et émotionnelles transmises par la mère. Dès sa naissance, le nouveau-né reste exposé à l'air, aux sons, et aux mots qui façonnent progressivement sa relation au monde, soulignant une interaction constante et essentielle avec son environnement. De la possession aux interactions avec les forces Forces et esprits : interactions permanentes Selon les façons de pensées étudiées par Olivier Ralet, les esprits ou djinns, mentionnés dans le Coran comme des entités subtiles issues d'un "feu sans fumée", représentent des forces qui traversent ou habitent les êtres humains. Chaque esprit possède un caractère particulier associé à des odeurs spécifiques, des couleurs, et même des musiques distinctes. Les rituels permettent de rendre perceptibles ces interactions, habituellement invisibles, soulignant ainsi l'interdépendance profonde entre l'humain et ces forces. Opposer l’humain poreux à l'humain moderne étanche L'étanchéité comme construction culturelle La conception moderne de l'humain (telle que définie par Bruno Latour), incarnée par la célèbre formule cartésienne "Je pense donc je suis", marque l'apparition d'un sujet isolé, autonome, perçu comme étanche aux influences extérieures. Cette vision favorise une compréhension rationnelle et scientifique du monde, rejetant les perceptions subtiles comme relevant de la superstition ou de troubles psychologiques tels que l'hallucination. Effet placebo : l'incompréhension moderne de l'influence La médecine moderne qualifie d'effet placebo les phénomènes inexplicables scientifiquement, révélant ainsi son incapacité à appréhender les interactions subtiles entre l'humain et son environnement. À l’inverse, les cultures traditionnelles intègrent pleinement ces influences, les considérant comme essentielles au bien-être individuel et collectif. Les rituels sont des dispositifs d'influence destinés à soigner. Conséquences sociales de l'étanchéification La modernisation, perçue comme une forme d'ascension sociale, génère un mépris envers les savoirs traditionnels jugés archaïques. Par conséquent, la porosité originelle de l’humain est oubliée ou niée par les sociétés modernes, ce qui entraîne une perte significative des liens communautaires et environnementaux fondamentaux. Retrouver notre porosité originelle Le message central d'Olivier Ralet est un plaidoyer pour la redécouverte de notre état naturel : celui d'êtres ouverts et poreux, en perpétuelle interaction avec le vivant. En nous reconnectant à cette dimension oubliée, nous pourrions enrichir notre compréhension du monde, renforcer notre solidarité avec les autres humains et les interrelations avec le visible et l'invisible. Conclusion En valorisant une humanité ouverte aux influences multiples qui la traversent, Olivier Ralet nous offre une clé pour repenser notre rapport au vivant. Cette approche invite à dépasser les limites des cloisonnements modernes, pour retrouver une harmonie dans notre immersion dans le vivant.
- La fabrique de joie collective : la musique des terrestres humains et non-humains
Séminaire animé par Abdelillah Esdar et Olivier Ralet, au lieu de lien L’Atelier (SSM D’Ici et d’Ailleurs, Molenbeek). 19 participants. Ouverture par Abdelillah et Olivier 60e anniversaire des accords Belgique-Maroc, soutien PCI et de D’Ici et d’Ailleurs (L’Atelier). Poursuite des recherches sur les façons de soigner. Sont invités Hicham Bilali ( m’alem gnawa, musicien fusion, fondateur du groupe Black Koyo), et trois musiciens de Black Koyo, Ayoub, Ismaïl et Driss, sur le thème de la musique, les couleurs et les odeurs comme nourriture et soin de l’âme, et comme fabrique de joie collective, entre humains et non-humains. Double tour de présentation des participants Les prénoms, leurs sens, pourquoi ils ont été choisis ; Contexte de travail. Présentation de Hicham Bilali par Abdelillah Hicham Bilali est né à Fès, de père sénégalais et de mère marocaine. Sa mère avait besoin d’au moins une lila (nuit de rituel) par an. Il est arrivé en Belgique en 2007, a dormi dans la rue, sans papiers : le morceau « Bruksil » qu’il a composé (et qu’il interprétera pendant le concert de clôture) raconte sa vraie histoire. Il a fondé le groupe Black Koyo (« koyo » désigne les musiciens gnawa, qui jouent notamment des « qarqaba », ou « qrakeb », castagnettes métalliques). Il assure une transmission du patrimoine traditionnel des Gnawa à Bruxelles, d’abord pour les Maroxellois, qui sont en majorité originaires du Rif et de Tanger : seul 10% d’entre eux connaissent la dimension spirituelle de la musique des Gnawa, qu’ils ne connaissent que comme musique pour animer les mariages et les fêtes. Hicham Bilali développe quelques thématiques, sur lesquelles réfléchir ensemble : La musique, nourriture essentielle de l’âme. Les gens ont peur des Gnawa : sont-ils des sorciers ? Quand ils écoutent, ils changent d’avis. La transmission à Bruxelles, d’abord pour les jeunes aux ancêtres marocains. Olivier introduit deux thèmes de réflexion à partager Les humains terrestres traditionnels, interdépendants et ‘poreux’, versus le sujet hors sol moderne, autonome et ‘étanche’. L’adorcisme (‘ lila ’ pour s’allier aux invisibles bénéfiques) comme exemple d’entre-apprivoisement des humains et des forces non-humaines. Réflexions (rapides) par Olivier et interactions sur la musique et les soins, à plusieurs niveaux Musique et médecine arabo-persane : Al Farabi (872-950), les bimaristans (Damas 706, Maristan Sidi Frej à Fès, 1286-1944). Musiques chaabi (populaires) et fabrique de joie collective. Exemple de Leila Amezian qui cultive et transmet à Bruxelles la musique chaabi (féminine, judéo-arabe, tamazigh…) – Echanges avec Hicham Bilali sur la transmission à Bruxelles. Certains airs comme constituant des mlouk (djinns – jnun au pluriel – saints, esprits bienfaisants) : Les jnun comme noms donnés à des forces ; les mlouk comme agencements multisensoriels Les rituels comme présentifications des jnun : La roqia (exorcisme), expulsion des jnun nuisibles ; La lila (adorcisme) entre-apprivoisement des mlouk ( jnun associés aux saint.e.s) et des (humains) terrestres ; Le sihr (sorcellerie), comme alliance avec les plus malfaisants des jnun. Controverse intra-culturelle et spirituelle au Maroc et Bruxelles : faut-il toujours garder les jnun à distance, ou peut-on s’allier (s’entre-apprivoiser) avec les mlouk ? Les confréries soufies populaires qui célèbrent les rituels d’entre-apprivoisement des (humains) terrestres et des mlouk : Les Hamadcha et les Gnawa, et l’agencement de savoirs subsahariens à l’islam marocain (comme de Djibouti au Sénégal). Echange des bases et réflexions Echanges et débats avec Hicham Bilali et les Black Koyo sur la musique comme : soin du collectif par la joie ; mode d’entre-apprivoisement des terrestres et des invisibles bienfaisants. Échanges et réflexion sur « Comment penser, cultiver et transmettre l’héritage des ancêtres marocains en fabrique de joie collective ». Echanges et réflexion sur l’ensemble des quatre séminaires : Sont-ils utiles ? Que nous ont-ils appris ? Ont-ils une portée sur la pratique ? Hommage à l’immigration marocaine. Concert de Hicham Bilali et trois des Black Koyo Hicham Bilali et son groupe ont interprété le morceau « Bruksil » (ou « Bruxelles ») qu’il a composé et qui raconte sa vie après son arrivée en Belgique en 2007, puis le morceau Lalla Aïcha al-Hamdouchiyya, composé par la confrérie des Hamadcha dont les histoires racontent que ce sont ses deux saints fondateurs qui ont fait venir du Soudan (le pays des Noirs) l’esprit Lalla Aïcha Qandicha, la reine des « mlouk » (djinns liés aux saints) pour les aider à soigner les possédés. Ce petit concert d’hommage à l’apport de la communauté des personnes ayant des ancêtres marocains aux façons de soigner donnait donc un aperçu de la musique profane et de la musique rituelle. C’était une belle façon de clôturer le cycle de séminaire du projet PCI « Penser, cultiver et transmettre l’héritage des ancêtres marocains en pratiques de soins » avec des musiciens-guérisseurs que sont les Gnawa. (Le projet s’est prolongé en juin 2025 par une mise en réseau de ce type de ressources à la fois musicale et thérapeutique, et par la rédaction de fiches descriptive des séminaires et de leur cadre conceptuel). Bilan et perspectives Ce cinquième séminaire a permis de mettre en lumière la “fabrique de joie collective” comme pratique de soin, ancrée dans les héritages culturels marocains et parfaitement adaptée aux dynamiques diasporiques de Bruxelles. Le projet se poursuit en juin 2025 par la mise en réseau de ressources musicales et thérapeutiques, ainsi que par la rédaction de fiches descriptives pour documenter le cadre conceptuel et méthodologique de ces rencontres.
- Soins juifs et musulmans au Maroc : le Verbe fait chair
Le quatrième séminaire de l’Atelier SSM D’Ici et d’Ailleurs, tenu le 5 décembre 2024 à Molenbeek, a réuni quinze passionnés autour d’un thème fascinant : les pratiques de soin chez les communautés juive et musulmane du Maroc. Animé par Abdelillah Esdar et Olivier Ralet, l’événement a notamment accueilli Paul Dahan, psychanalyste et directeur du Centre culturel juif marocain. Retour sur un échange riche en histoires, en questionnements et en transmission d’héritages millénaires. Paul Dahan (Photo par Olivier Ralet) Un cadre chaleureux et un premier contact Dès 18 h, les participants se sont présentés, évoquant la signification – parfois mystérieuse – de leur prénom. Chacun découvre alors que derrière un nom se cache une histoire familiale, une promesse ou un souvenir. Abdelillah Esdar a ensuite introduit Paul Dahan, natif du Tafilalet et fin connaisseur des traditions mystiques marocaines, dont la famille s’illustre depuis longtemps dans la transmission des savoirs du Royaume. Héritages métissés et spiritualités croisées Paul Dahan a ouvert le débat en rappelant la mosaïque des influences qui ont façonné le Maroc : Berbères, Juifs d’Andalousie et d’après 1492, Arabes, Sub-sahariens, Européens… Cette diversité trouve son écho dans les pratiques de soin : Les guérisseurs juifs et les saints partagés Au Maroc, musulmans et juifs vénèrent parfois les mêmes saints : à Salé, le rabbin Baba, mort en 1930, attire encore les pèlerins musulmans ; à Essaouira, la famille Pinto perpétue des rituels de guérison. La notion de baraka (bénédiction) dépasse les frontières confessionnelles et irrigue les demandes de protection, qu’il s’agisse de talismans hébraïques accrochés sur les berceaux ou de recettes spirituelles mêlant herbes, écriture sacrée et invocations. Le Verbe fait matière Autre illustration : à Fès, jusqu’à récemment, des femmes faisaient apposer des versets bibliques sur de la nourriture destinée à lever les obstacles à la fertilité. Le geste, loin d’être purement symbolique, concrétise la foi dans la puissance du texte : la parole sacrée se transforme en substance vivante, capable de soigner le corps et l’âme. Débat et questionnements Olivier Ralet a proposé plusieurs pistes de réflexion : Spécificités des saints-guérisseurs juifs Existe-t-il un profil particulier ? Comment leur lieu de mémoire devient-il un centre de pèlerinage interconfessionnel ? Talismans et transversalité religieuse Les amulettes en hébreu, vendues aux musulmans et aux chrétiens, montrent que la protection spirituelle n’obéit pas toujours aux frontières de la foi. Pilpoul et dissensus Le pilpoul — art juif de la discussion talmudique — favorise la diversité d’interprétation. N’est-ce pas l’équivalent, chez les savants musulmans, du hadith selon lequel « le désaccord entre savants est une bénédiction » ? Kabbale et soufisme Partagent-ils des racines mystiques communes ? Héritage systémique de Mony Elkaïm Peut-on voir dans l’intuition, chère à ce thérapeute de Marrakech, l’écho d’une forme de voyance juive traditionnelle ? Le tour de table qui a suivi a permis à chacun de raconter ses propres récits familiaux, tissant un dialogue vivant entre expériences personnelles et savoirs collectifs. Quelques enseignements-clés Rencontres interconfessionnelles : les saints et les talismans soulignent la porosité des pratiques spirituelles, où l’autre n’est pas seulement toléré, mais acteur d’une même quête de guérison. Puissance du texte : le Verbe, qu’il soit coranique ou talmudique, se mue en substance matérielle capable d’opérer un changement. Liberté interprétative : le pilpoul et le hadith sur le désaccord valorisent l’ouverture et concourent à la vitalité des traditions. Transmission vivante : du Tafilalet à Fès, en passant par les diasporas d’Israël et d’Europe, l’héritage judéo-musulman marocain continue de se répandre, réinventé par chacun de ceux qui le portent. En conclusion Ce séminaire a révélé combien les frontières entre soins spirituels juifs et musulmans au Maroc sont poreuses et fertiles. Loin de s’opposer, ces traditions dialoguent – dans les sanctuaires, autour d’un sachet d’herbes, ou au fil d’un talmud ou d’un tapis de prière – pour offrir à chacun une forme de salut, de protection et de sens. Le Verbe, en devenant chair et matière, nous rappelle que la spiritualité est avant tout une expérience vivante, façonnée par la mémoire des ancêtres et la créativité des praticiens d’aujourd’hui.
- Le don spontané
Le 5 décembre 2024, à L’Atelier (SSM D’Ici et d’Ailleurs, Molenbeek), s’est tenu le troisième volet de la série de séminaires « Penser, cultiver et transmettre l’héritage des ancêtres marocains en pratiques de soin ». Organisé par Agenc’MondeS et soutenu par PCI et le SSM, ce rendez-vous a réuni seize professionnel·le·s œuvrant dans l’accueil des migrant·e·s et la santé mentale pour explorer la sadaqa , ce don spontané qui allie hospitalité et soin. Un cadre unique pour repenser les liens La soirée a débuté à 18 h, sous l’égide d’Abdelillah Esdar et d’Olivier Ralet. Après un mot de bienvenue rappelant le 60ᵉ anniversaire des accords Belgique-Maroc et l’ambition du projet initié en 2023, les organisateurs ont annoncé un mini-concert gratuit avec Hicham Bilali et les Black Koyo – une invitation à prolonger la réflexion par la musique et le partage. Le premier tour de table a donné la parole aux participant·e·s : chacun·e a expliqué la symbolique de son prénom, son parcours, ainsi que le contexte de son institution (Entr’Aide des Marolles, Résidence Le Château d’Or, CHU Saint-Pierre, etc.). La sadaqa : une hospitalité « déterritorialisé » Olivier Ralet a rappelé la distinction, en islam, entre zakat (l’aumône obligatoire) et sadaqa , don libre et spontané. Cette sadaqa prend mille formes : repas partagés pour rompre l’isolement ; iftar offerts à l’occasion du ramadan, ouverts à tous ; distributions de repas aux détenu·e·s ou aux plus précaires durant la pandémie de Covid-19 ; aide d’urgence aux victimes de catastrophes naturelles. À l’instar des Restos du Cœur , la sadaqa peut s’exprimer de façon laïque : elle conjugue hospitalité et générosité hors des cadres traditionnels, libérée de toute obligation. Par l’acte de nourrir l’autre et l’invocation (niyya) qui l’accompagne, elle rappelle notre appartenance au Vivant : al-Hayy (un des 99 noms de Dieu), le Vivant, et al-Karim (un autre des 99 noms de Dieu), le Généreux. S’inspirant des travaux de Bruno Latour, Olivier a évoqué la figure des « Terrestres poreux interdépendants », qui partagent pain et plats, assis par terre, doigts mêlés, incarnant une liberté collective face au mythe de l’autonomie moderne. La sadaqa apparaît alors comme un véritable « dispositif de soin », à la fois rituel et relationnel, qui guérit par l’influence bienveillante décrite par Tobie Nathan. Témoignages : la force du vécu Fatima Maher Alaoui – soins holistiques et transformation Dans un entretien réalisé le 8 juillet 2024, Fatima Maher Alaoui (ASBL L’Héritage des Femmes) a partagé ses pratiques de soins héritées du Maroc : hijama, roqia, purifications à la sauge, massages, remèdes culinaires à base d’origan ou d’artemisia… Elle évoque la quête de remèdes naturels et l’importance du collectif, à travers la kinésiologie ou les constellations familiales. Fatima organise un repas gratuit tous les mardis à Saint-Josse ( sadaqa par excellence). Elle mène un projet d’économie sociale « Sesam ». Elle organise aussi des ateliers divers, « les ateliers du bonheur ». Par ailleurs, Fatima Maher est très engagée dans l’aide aux victimes de catastrophes (comme les tremblements de terre en Turquie et au Maroc, et d’autres activités d’entr’aide dans le cadre de l’association « Héritage des femmes »). Avec des amies, elle va à la rencontre de personnes âgées isolées, qui ont honte de s’adresser aux services sociaux, et de ce que leurs enfants ne les aident pas, comme le voudrait la coutume. Un film documentaire a été réalisé sur Fatima Maher Alaoui : « Fatima, une vie de militante » (Le film dévoile le long parcours d'une femme, une mère, une militante, une actrice sociale à travers une série des interviews, témoignages, photos et vidéos, par Mohamed Dabani). Son récit le plus poignant : l’histoire d’une mère bruxelloise, fière de son enfant autiste devenu récitant du Coran, transformant un handicap en puissance d’agir. Fatima Maher Fatima Zohra Khatri – le restaurant solidaire Cassonade Elle est descendante par sa mère de Moulay Abdessalam ben Mchich, saint soufi du 12e-13e siècle. Un de ses grands-pères était imam, l’autre appartenait à la confrérie soufie Tijaniyya, ses parents ont vécu à Meknès, elle est arrivée en Belgique à 7 ans. Sa mère était illettrée, ses paroles étaient douces, lumineuses ; son père, maçon, était illettré également, et avait « les mains ouvertes » (il faisait le bien). Elle a rejoint la voie soufie Qadiriyya Boutchichi, bien implantée à Bruxelles, et en a été un temps « moqademma » (ici dans le sens de représentante locale du Cheikh, à l’époque Sidi Hamza). A la suite de repas distribués pendant le covid (façon de se reconnecter aux autres), Fatima Zohra Khatri est à l’origine, avec deux amies et un ami, du restaurant solidaire Cassonade, à Molenbeek (Rue de Courtrai 47). Pendant le ramadan 2021, elles préparaient 300 repas jours, pour les sans-abris, les personnes âgées ou sans papiers. Le principe, basé sur une économie de don, en est que le repas qu’on y prend est offert par quelqu’un (anonyme) ayant mangé plus tôt ; en sortant, on offre son repas à une personne suivante. Aucun montant n’est fixé, chacun l’évalue librement. Le principe de la sadaqa , pour Fatima Zohra, est de donner à des inconnus et de recevoir d’inconnus, comme l’inspir et l’expir. La joie de vivre et l’entraide agissent mieux que des médicaments : le don, c’est le soin. Fatima Zohra Khatri (Photo par Abdelillah Esdar) Ibrahim Errami – commerçant de bien-être et rites berbères Ibrahim Errami partage son héritage chleuh du Souss : souvenirs de l’argan torréfié, du tagoula au miel, du cercle où l’on sert et reçoit. Fondateur d’Argan Souss, il vend encens, pierres et cosmétiques à base d’huile d’argan, et transmet des pratiques protectrices contre le mauvais œil : l’œuf ritualisé, le sel purificateur, la chaleur appliquée pour chasser la peur. Réflexions collectives et perspectives Après ces présentations, la discussion a porté sur les histoires personnelles de dons spontanés – récits émouvants d’entraide au quotidien. Les participant·e·s ont échangé sur les manières de penser, cultiver et transmettre ces pratiques : quelles passerelles tisser entre savoirs ancestraux et dispositifs contemporains de soin ? Comment faire de la générosité un levier durable d’inclusion et de résilience ? Conclusion : faire du don un acte de soin En clôture, à 21 h, chacun·e est reparti·e avec une conviction renforcée : la sadaqa spontanée n’est pas un simple geste charitable, mais un véritable soin social . En semant le don dans les liens qu’elle tisse, elle nourrit le corps, le cœur et l’âme. Cultiver cette générosité, c’est s’engager à soigner l’autre – et soi-même – dans l’interdépendance et la solidarité, à Bruxelles comme ailleurs.
- Prendre soin des collectifs, des âmes et des corps
Le deuxième rendez-vous du cycle « Prendre soin », initié par PCI – FWB et le Service de Soins Multidisciplinaires (SSM) D’Ici et d’Ailleurs, s’est tenu le lundi 28 octobre dernier dans l’ancien atelier de menuiserie reconverti de L’Atelier à Molenbeek. Animé par Abdelillah Esdar et Olivier Ralet, ce séminaire a rassemblé seize professionnel·le·s de l’accueil des migrant·e·s et de la santé mentale autour de la question : comment prendre soin des collectifs – de leurs corps, de leurs esprits et de leurs histoires ? Accueil et présentations Le groupe, composé majoritairement de psychologues, pédopsychiatres, logopèdes et animateurs socio-culturels, a d’abord partagé son prénom – et la signification qu’on lui prête – puis décrit son parcours professionnel : de l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles aux centres de thérapie et d’accueil de Liège et Schaerbeek, chacun a expliqué ce qui l’avait conduit à œuvrer au soin collectif. Abdelillah Esdar a ensuite raconté son parcours personnel et professionnel, en évoquant notamment son projet « Du potager à l’assiette », qui lie alimentation, écologie et santé communautaire. Olivier Ralet relate, pour sa part, le récit poignant de la guérison « miraculeuse » en 1988 d’un jeune d’origine rifaine (Maroc), jugé condamné par les médecins de l’hôpital Saint-Pierre en raison d’une hépatite fulminante. Dans son témoignage (compte rendu projet 2023), il explique qu’un guérisseur du Rif lui fit boire une décoction de composition inconnue, s’accompagnant d’une réconciliation avec des dimensions spirituelles de sa double appartenance au Maroc et à la Belgique. À la rencontre de Khadija Ounchif Prévue pour animer ce séminaire, Khadija Ounchif, assistante sociale et activiste féministe d’origine arabe, n’a pu se joindre aux participant·e·s pour raisons personnelles. Abdelillah et Olivier ont donc restitué les temps forts de leur entretien du 10 juillet 2024, révélant : La transmission intergénérationnelle des savoirs en soins naturels (plantes, massages, prières) : un héritage « dans l’ADN » des femmes de la famille. La complémentarité entre médecine scientifique et médecine traditionnelle : les herboristes marocains fournissent lin, nigelle, fenugrec, tandis que la médecine « officielle » reste un recours secondaire. Le rôle central des femmes dans le soin : massages post-partum, purifications à l’encens, invocations et transmission de pratiques sacrées. Le parcours professionnel de Khadija : arrivée en Belgique en 1969, médiation interculturelle, prévention sida, éducation à la sexualité, accompagnement des personnes séropositives, formation en reiki et réflexologie, puis reconnaissance officielle en tant que « Femme de Paix » en 2011. Khadija Ounchif , assistante sociale et militante féministe Trois axes de débat Sur la base de ces témoignages, les échanges se sont structurés autour de trois grands thèmes : La loi du cœur Comment travailler avec les populations marginalisées (personnes séropositives, exilé·e·s, exclus·es), en plaçant la solidarité et l’empathie au centre du dispositif de soin ? La place des traditions musicales et féminines Transmission des chants et des pratiques culturelles comme vecteurs de résilience, particulièrement chez les femmes arabes. Philosophie du soin L’intention (niyya), l’acte et l’invocation forment un triptyque indispensable : l’approche analogique (« isomorphisme ») entre la maladie et son remède, et le rôle de la confiance collective dans le processus de guérison. Temps de convivialité et clôture Après un repas chaleureux partagé, Olivier a relancé la réflexion sur « la philosophie des soins venus du Maroc », insistant sur l’idée que le « patient » demeure partie prenante du Vivant — un entité poreuse qui transcende la frontière entre corps, âme et environnement. Les échanges, riches et variés, ont permis de dégager des pistes concrètes pour adapter ces pratiques aux contextes bruxellois et européens. La session s’est conclue par la présentation des trois prochains séminaires, promettant de poursuivre la mise en réseau des acteurs du soin interculturel et de nourrir la réflexion collective.







